Les synthérétiques

J’ai été embauché comme videur dans un bar du coin…
Ça paye pas super mais ça permet de voir du peuple. Le problème c’est que c’est pas un boulot de videur comme les autres. Faut que j’écoute toutes les conversations qui ont lieu dans le Bar de Bob et si jamais un des clients dit un truc qui n’est pas réglo je le jette…
Ça permet d’arrondir les fins de mois entre deux bafouilles.
De toutes façons je crois que maintenant le Boss m’a définitivement mis à sa botte…
Bon je vais arrêter de me lamenter sur mon sort et m’en vais vous parler du roman que je me suis coltiné ces derniers temps pendant les périodes creuses.

   

Les synthérétiques

De Pat Cadigan

Un roman Cyberpunk en deux tomes écrit par une donzelle. Ça m’a intrigué dès le départ. J’avais déjà lu une nouvelle de la dame dans l’anthologie (assez moyenne)  » Mozart en verre Miroir  » pondue par M Bruce Sterling lui-même.
Je préfère vous l’avouer tout de suite je n’ai pas accroché. Au point de vouloir arrêter la lecture au bout de 80 pages…
Mais ma conscience professionnelle m’a fait pousser jusqu’à la fin du premier tome.

Un des gros avantages de la dame est d’avoir une vision vraisemblable de notre monde d’ici quelques années, avec ses bouchons invraissemblables, un réseau informatique donnant des informations synthétisées à l’extrême par type d’intérêts et des gens de plus en plus déconnectés de la réalité à cause de leurs implants. Cet opus est donc foisonnant de descriptions à fleur de peau et de touches d’analyses sociologiques criantes de vérités.

Mais voila le mot est lancé : foisonnant.

Car si les synthérétiques nous raconte l’émergence d’une découverte qui va chambouler le monde des loisirs du futur et décrire des archétypes hauts en couleurs, le style, lui, pêche par excès.
Pat a voulu se la jouer à la Gibson en passant à chaque chapitre à un personnage ou une situation différente mais contrairement au  » maître  » il n’y a parfois pas d’unité de temps et chaque chapitre nous fait découvrir plusieurs personnages, si bien qu’au bout d’un moment notre petit cerveau a du mal à assimiler le nom de chacun et du coup on perd le fil de l’histoire.

Si j’ai le courage de lire le deuxième tome vous serez les premiers à le savoir, ne vous en faites pas. Et si de votre côté vous avez également passé le cap venez en discuter avec moi au bar autour d’un verre…

 » Valjean avait un moniteur pour chaque porno-canal ; ils s’entremêlaient sur l’écran mural, si bien que le porno-bouffe recouvrait le médi-porno qui recouvrait le porno-guerre qui recouvrait le porno-sexe qui recouvrait le porno-catastrophe qui recouvrait le porno-techno-fiction qui recouvrait des pornaux-canaux qu’elle aurait été bien en peine d’identifer.  »

Pat Cadigan
Les Synthérétiques (synners)

Both comments and pings are currently closed.

Comments are closed.